Testostérone Élevée Homme : Causes, Symptômes et Risques
Testostérone élevée : causes, symptômes, dangers pour la santé et traitements. Guide médical complet sur l'hyperandrogénie masculine.
Taux de Testostérone Élevé chez l’Homme : Guide Complet
Alors que la baisse de testostérone (hypogonadisme) est largement documentée et discutée, l’excès de testostérone (hyperandrogénie) est moins connu mais peut également poser des problèmes de santé significatifs.
Un taux de testostérone trop élevé peut être naturel dans de rares cas, mais il est le plus souvent lié à une utilisation de stéroïdes anabolisants ou à une pathologie sous-jacente nécessitant une investigation médicale.
Dans ce guide complet, nous explorons les causes, symptômes, risques et traitements d’un taux de testostérone élevé chez l’homme.
Qu’est-ce qu’un Taux de Testostérone Élevé ?
Valeurs de Référence
Pour rappel, les valeurs normales de testostérone chez l’homme adulte sont :
Testostérone totale :
- 12-35 nmol/L (3,5-10 ng/mL)
- Variable selon l’âge et le laboratoire
Testostérone libre :
- 0,25-0,70 nmol/L (70-200 pg/mL)
➡️ Voir notre article détaillé sur les taux normaux de testostérone
Définition de l’Hyperandrogénie
Testostérone élevée modérée :
- 35-50 nmol/L
- Peut être physiologique chez certains jeunes adultes
- Nécessite une surveillance si symptômes
Testostérone élevée marquée :
- > 50 nmol/L
- Généralement pathologique ou secondaire à une prise de stéroïdes
- Investigation obligatoire
Testostérone très élevée :
- > 100 nmol/L
- Quasi-systématiquement due aux stéroïdes anabolisants
- Risques majeurs pour la santé
Causes d’un Taux de Testostérone Élevé
1. Utilisation de Stéroïdes Anabolisants (Cause la Plus Fréquente)
L’utilisation de stéroïdes anabolisants est la cause la plus fréquente de testostérone élevée chez l’homme. Il s’agit de testostérone synthétique ou de ses dérivés (énanthate, cypionate, undécanoate), de prohormones comme l’androstènedione ou la DHEA à haute dose, ou encore de SARMs (Selective Androgen Receptor Modulators), des molécules expérimentales.
Les contextes d’utilisation sont variés. Le dopage sportif en musculation, bodybuilding et sports de force reste le plus courant. Beaucoup d’hommes recherchent également une amélioration physique pour gagner en masse musculaire et définition sans objectif compétitif. L’usage récréatif pour améliorer les performances sexuelles existe aussi. Enfin, certains détournent l’usage thérapeutique en s’auto-administrant des doses excessives de TRT.
Les dosages varient énormément. Une TRT médicale bien conduite utilise 75 à 100 mg par semaine, maintenant la testostérone entre 15 et 25 nmol/L. Le dopage amateur tourne généralement autour de 250 à 500 mg par semaine, atteignant des taux de 50 à 100+ nmol/L. Le dopage professionnel peut aller de 500 à plus de 2000 mg par semaine, dépassant largement 150 nmol/L.
Les marqueurs diagnostiques sont caractéristiques. La testostérone totale dépasse souvent 50 à 100 nmol/L. La LH et la FSH sont effondrées (généralement en dessous de 0,5 UI/L) car l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique est supprimé par l’excès d’hormones exogènes. Le ratio LH/testostérone est inversé par rapport à la normale. L’hématocrite est souvent élevé, témoignant d’une polyglobulie induite par l’excès de testostérone.
➡️ Voir notre article sur les dangers des boosters de testostérone
2. Tumeurs Productrices d’Androgènes
Tumeur testiculaire (cellules de Leydig) :
- Rare (< 3% des tumeurs testiculaires)
- Production excessive de testostérone par la tumeur
- Âge : généralement 20-60 ans
- Symptômes : masse testiculaire palpable, augmentation de taille d’un testicule
- Diagnostic : échographie testiculaire, dosage HCG et AFP (marqueurs tumoraux)
Tumeur surrénalienne :
- Production d’androgènes par une tumeur de la glande surrénale
- Souvent associée à élévation de DHEA-S et androstènedione
- Symptômes : virilisation rapide, hypertension parfois
- Diagnostic : scanner/IRM surrénalien
Marqueurs diagnostiques :
- Testostérone très élevée (souvent > 60 nmol/L)
- LH et FSH basses (suppression par rétrocontrôle)
- DHEA-S et androstènedione souvent élevées
- Masse visible à l’imagerie
3. Hyperplasie Congénitale des Surrénales (Forme Tardive)
Qu’est-ce que c’est ?
- Maladie génétique avec déficit enzymatique (généralement 21-hydroxylase)
- Accumulation de précurseurs → surproduction d’androgènes
- Forme classique : diagnostiquée à la naissance
- Forme tardive : symptômes apparaissent à l’adolescence ou à l’âge adulte
Symptômes chez l’homme :
- Puberté précoce
- Acné sévère résistante aux traitements
- Virilisation excessive
- Petite taille adulte finale (fermeture prématurée des cartilages)
- Infertilité possible
Marqueurs diagnostiques :
- Testostérone modérément élevée (30-50 nmol/L)
- 17-hydroxyprogestérone très élevée (> 10 nmol/L)
- DHEA-S et androstènedione élevées
- Cortisol parfois bas
Traitement :
- Corticoïdes à faible dose (remplacent le cortisol déficient)
- Supprime la surproduction d’androgènes
4. Résistance aux Androgènes (Syndrome d’Insensibilité)
Qu’est-ce que c’est ?
- Mutation du récepteur aux androgènes
- Testostérone élevée mais inefficace (récepteurs ne répondent pas)
- Très rare
Formes :
- Complète (CAIS) : phénotype féminin malgré caryotype XY
- Partielle (PAIS) : virilisation incomplète
Chez l’homme avec résistance partielle :
- Testostérone élevée (compensation par le corps)
- Symptômes paradoxaux : développement génital incomplet, gynécomastie, infertilité
- LH élevée (stimulation compensatoire)
5. Causes Physiologiques (Rares)
Variation naturelle :
- Certains hommes ont naturellement des taux dans la partie haute (32-38 nmol/L)
- Génétique, métabolisme androgène élevé
- Aucun symptôme pathologique
Jeune âge (20-25 ans) :
- Pic physiologique de testostérone
- Peut atteindre 35-38 nmol/L chez certains athlètes naturels
- LH et FSH normales
Facteurs temporaires :
- Post-exercice intense (pic transitoire)
- Compétition, stress aigu (réponse hormonale)
- Retour rapide à la normale
6. Médicaments et Suppléments
hCG (hormone chorionique gonadotrope) :
- Utilisé pour traiter l’hypogonadisme secondaire ou préserver fertilité
- Stimule la production testiculaire de testostérone
- Peut élever la testostérone > 40 nmol/L si surdosé
Citrate de clomifène :
- Modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes
- Stimule LH/FSH → augmente testostérone
- Peut élever modérément (25-35 nmol/L)
DHEA à haute dose :
- Précurseur hormonal converti en testostérone
- Doses élevées (> 100 mg/jour) peuvent augmenter testostérone
- Sur ordonnance en France
Symptômes d’un Taux de Testostérone Élevé
Les symptômes varient selon la cause, le niveau d’élévation et la durée.
Symptômes Physiques
Acné sévère :
- Acné kystique, résistante aux traitements
- Sur le visage, dos, épaules, poitrine
- Cicatrices possibles
Augmentation de la pilosité (hirsutisme) :
- Pilosité corporelle excessive
- Barbe plus dense
- Pilosité sur le dos, épaules
Peau grasse :
- Augmentation de la production de sébum
- Pores dilatés
Calvitie androgénique accélérée :
- Perte de cheveux au niveau des tempes et du vertex
- Aggravation rapide si prédisposition génétique
Développement musculaire rapide :
- Gain de masse musculaire accéléré
- Définition musculaire accrue
- Signe suspect si accompagné de taux très élevés
Gynécomastie (paradoxale) :
- Développement des seins chez l’homme
- Dû à aromatisation de l’excès de testostérone en œstrogènes
- Fréquent avec les stéroïdes anabolisants
Atrophie testiculaire (si stéroïdes) :
- Réduction de la taille des testicules
- Suppression de l’axe HHG (LH/FSH basses)
- Réversible à l’arrêt (pas toujours complet)
Rétention d’eau :
- Œdèmes (chevilles, visage)
- Prise de poids rapide
Symptômes Cardiovasculaires
Hypertension artérielle :
- Augmentation de la tension
- Risque d’accident vasculaire cérébral (AVC)
Polyglobulie (excès de globules rouges) :
- Hématocrite élevé (> 52-54%)
- Risque de thrombose (caillots sanguins)
- Sang plus visqueux
Dyslipidémie :
- Baisse du HDL (bon cholestérol)
- Augmentation du LDL (mauvais cholestérol)
- Augmentation des triglycérides
Symptômes Psychologiques et Comportementaux
Augmentation de la libido :
- Désir sexuel excessif (hypersexualité possible)
- Pensées sexuelles intrusives
Agressivité et irritabilité :
- Sautes d’humeur
- Faible tolérance à la frustration
- “Roid rage” (rage aux stéroïdes) si doses très élevées
Troubles du sommeil :
- Insomnie
- Sommeil fragmenté
- Apnée du sommeil aggravée
Anxiété :
- Nervosité, agitation
- Sentiment de tension
Confiance excessive (manie) :
- Estime de soi exagérée
- Prise de risques
Symptômes Sexuels et Reproductifs
Érections fréquentes :
- Érections matinales très marquées
- Priapisme (rare mais possible)
Infertilité :
- Suppression de la spermatogenèse (si stéroïdes)
- Oligospermie ou azoospermie (réduction ou absence de spermatozoïdes)
- Réversible à l’arrêt mais délai de récupération (3-12 mois)
Hypertrophie prostatique :
- Augmentation du volume de la prostate
- Troubles urinaires (dysurie, nycturie)
Risques et Complications d’un Taux Élevé
1. Risques Cardiovasculaires
Infarctus du myocarde et AVC :
- Risque multiplié par 2-4 chez les utilisateurs de stéroïdes
- Dû à : hypertension, dyslipidémie, polyglobulie, hypertrophie ventriculaire
Hypertrophie ventriculaire gauche :
- Épaississement du muscle cardiaque
- Peut évoluer vers l’insuffisance cardiaque
Thrombose :
- Risque de caillots sanguins (veines, artères)
- Embolie pulmonaire
- AVC ischémique
Athérosclérose accélérée :
- Formation de plaques dans les artères
- Vieillissement vasculaire prématuré
2. Risques Hépatiques
Toxicité hépatique :
- Surtout avec les stéroïdes oraux (méthylés)
- Élévation des transaminases (ASAT, ALAT)
- Cholestase (jaunisse possible)
Tumeurs hépatiques :
- Adénomes hépatiques (bénins mais risque de rupture)
- Carcinome hépatocellulaire (cancer, rare)
3. Risques Endocriniens
Suppression de l’axe HHG :
- Arrêt de la production naturelle de testostérone
- Atrophie testiculaire
- Peut être permanent dans de rares cas
Gynécomastie :
- Développement du tissu mammaire
- Peut nécessiter une chirurgie si persistante
Infertilité :
- Azoospermie (absence de spermatozoïdes)
- Récupération variable à l’arrêt (3-12 mois, parfois plus)
- Possibilité d’infertilité permanente dans de rares cas
Diabète :
- Insulinorésistance induite par les stéroïdes
- Risque de diabète type 2
4. Risques Urologiques
Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) :
- Augmentation du volume prostatique
- Troubles urinaires
- Risque d’obstruction
Cancer de la prostate :
- La testostérone ne CAUSE pas le cancer
- Mais peut ACCÉLÉRER un cancer existant
- Surveillance PSA obligatoire
5. Risques Psychiatriques
Dépendance psychologique :
- Dépendance aux stéroïdes (difficulté à arrêter)
- Dysmorphie musculaire (“bigorexie”)
Dépression à l’arrêt :
- Crash hormonal post-cycle
- Dépression sévère possible
- Risque suicidaire (rare mais documenté)
Troubles de l’humeur :
- Agressivité pathologique
- Troubles bipolaires
- Anxiété, paranoïa
6. Autres Risques
Acné sévère et cicatrices :
- Impact esthétique et psychologique
- Difficile à traiter
Calvitie accélérée :
- Irréversible si prédisposition génétique
Apnée du sommeil :
- Aggravation ou apparition
- Impact sur la santé cardiovasculaire
Rupture tendineuse :
- Développement musculaire plus rapide que l’adaptation tendineuse
- Risque de rupture (biceps, quadriceps, Achille)
Diagnostic et Examens
Bilan Hormonal
Première intention :
- Testostérone totale (le matin, à jeun)
- Testostérone libre ou calcul
- LH et FSH (très importants pour distinguer les causes)
- SHBG
Interprétation des résultats :
Si stéroïdes anabolisants :
- Testostérone > 50-100 nmol/L
- LH et FSH < 0,5 UI/L (effondrées)
Si tumeur testiculaire/surrénalienne :
- Testostérone > 50 nmol/L
- LH et FSH basses (rétrocontrôle)
- Masse à l’imagerie
Si hyperplasie surrénalienne :
- Testostérone 30-50 nmol/L
- 17-hydroxyprogestérone très élevée (> 10 nmol/L)
- DHEA-S et androstènedione élevées
Si variation naturelle :
- Testostérone 32-40 nmol/L
- LH et FSH normales
- Pas de symptômes pathologiques
Examens Complémentaires
Bilan de retentissement :
- Hémoglobine / hématocrite (recherche polyglobulie)
- Fonction hépatique (ASAT, ALAT, GGT, bilirubine)
- Lipides (cholestérol total, HDL, LDL, triglycérides)
- Glycémie à jeun, HbA1c (diabète)
- PSA (prostate) si > 40 ans
- Fonction rénale (créatinine)
Imagerie si suspicion de tumeur :
- Échographie testiculaire (recherche masse)
- Scanner ou IRM surrénalien (si DHEA-S très élevée)
- IRM hypophysaire (si LH/FSH anormales)
Spermogramme :
- Si désir de paternité ou suspicion d’infertilité
- Évalue la spermatogenèse
Quand Consulter ?
Consultation urgente si :
- Testostérone > 40 nmol/L sans cause connue
- Masse testiculaire palpable
- Symptômes cardiovasculaires (douleur thoracique, essoufflement)
- Jaunisse (ictère)
Consultation programmée si :
- Acné sévère résistante
- Virilisation excessive inexpliquée
- Troubles de l’humeur marqués
- Symptômes urinaires
Traitement et Prise en Charge
1. Si Utilisation de Stéroïdes Anabolisants
Arrêt des stéroïdes :
- Impératif pour éviter complications graves
- Accompagnement médical recommandé (risque de crash hormonal)
Thérapie post-cycle (PCT - Post Cycle Therapy) :
- Citrate de clomifène ou tamoxifène pour relancer l’axe HHG
- hCG parfois utilisé
- Durée : 4-12 semaines
- Surveillance hormonale régulière
Suivi médical :
- Contrôle testostérone, LH, FSH tous les mois
- Spermogramme (vérifier récupération fertilité)
- Bilan cardiovasculaire (ECG, échographie cardiaque)
- Bilan hépatique
Récupération :
- Production naturelle de testostérone récupère généralement en 3-12 mois
- Fertilité : récupération variable (6-24 mois)
- Atrophie testiculaire : récupération partielle
Soutien psychologique :
- Risque de dépression post-arrêt
- Perte de masse musculaire (détresse)
- Possibilité de thérapie cognitive-comportementale
2. Si Tumeur
Tumeur testiculaire :
- Orchidectomie (ablation chirurgicale du testicule)
- Chimiothérapie si métastases
- Excellent pronostic si diagnostic précoce (taux de guérison > 95%)
Tumeur surrénalienne :
- Chirurgie (surrénalectomie)
- Traitement selon la nature (bénin/malin)
Suivi oncologique :
- Surveillance régulière (marqueurs, imagerie)
3. Si Hyperplasie Congénitale des Surrénales
Traitement :
- Corticoïdes à faible dose (hydrocortisone, prednisone)
- Remplace le cortisol déficient
- Supprime la surproduction d’androgènes par rétrocontrôle
Suivi :
- Dosages réguliers (17-OHP, testostérone)
- Ajustement des doses
- Traitement à vie
4. Traitement Symptomatique
Acné sévère :
- Isotrétinoïne (Roaccutane) si résistant
- Antibiotiques locaux/oraux
- Dermatologie spécialisée
Gynécomastie :
- Inhibiteurs de l’aromatase (si œstrogènes élevés)
- Tamoxifène (modulateur des récepteurs aux œstrogènes)
- Chirurgie si persistante (mastectomie de réduction)
Polyglobulie :
- Saignées thérapeutiques (réduction hématocrite)
- Arrêt de la cause
- Surveillance régulière
Hypertension :
- Antihypertenseurs (IEC, ARA2, bêtabloquants)
- Mesures hygiéno-diététiques
Troubles de l’humeur :
- Psychothérapie
- Antidépresseurs si dépression sévère
- Anxiolytiques si anxiété
5. Prévention des Complications
Suivi cardiovasculaire :
- Contrôle tension artérielle
- Bilan lipidique régulier
- ECG, échographie cardiaque si nécessaire
- Statines si dyslipidémie
Suivi prostatique :
- PSA annuel si > 40 ans
- Toucher rectal
- Échographie si anomalie
Hygiène de vie :
- Activité physique modérée (éviter le surentraînement)
- Alimentation équilibrée
- Gestion du stress
- Limiter l’alcool
Prévention : Éviter l’Hyperandrogénie
Éviter les Stéroïdes Anabolisants
Risques vs bénéfices :
- Gains musculaires temporaires
- Risques cardiovasculaires, hépatiques, psychiatriques graves
- Infertilité potentielle
- Dépendance
Alternatives naturelles :
- Musculation optimisée (progression, nutrition, récupération)
- Alimentation riche en protéines
- Suppléments sûrs (créatine, protéines)
- Patience (résultats naturels durables)
Utilisation Médicale Encadrée
Si TRT prescrite :
- Respecter les dosages prescrits
- Ne jamais augmenter sans avis médical
- Suivi régulier obligatoire (tous les 3-6 mois)
- Objectif : testostérone dans la moitié haute de la normale (20-30 nmol/L), pas au-delà
Si hCG ou clomifène :
- Surveillance hormonale régulière
- Ajustement des doses si testostérone > 35 nmol/L
Dépistage Précoce
Si symptômes suspects :
- Acné sévère soudaine
- Virilisation excessive
- Changements d’humeur marqués
Consulter rapidement pour bilan hormonal
FAQ - Questions Fréquentes
Peut-on avoir une testostérone trop élevée naturellement ?
Oui, mais c’est rare. Certains hommes ont naturellement des taux dans la partie haute de la normale (32-38 nmol/L) sans pathologie. Au-delà de 40 nmol/L sans prise de stéroïdes, une investigation s’impose (tumeur, hyperplasie surrénalienne).
Quels sont les symptômes d’une testostérone trop élevée ?
Symptômes physiques : Acné sévère, pilosité excessive, calvitie accélérée, gynécomastie (paradoxale) Symptômes cardiovasculaires : Hypertension, polyglobulie Symptômes psychologiques : Agressivité, irritabilité, anxiété, libido excessive
La testostérone élevée cause-t-elle le cancer de la prostate ?
Non, la testostérone ne CAUSE pas le cancer de la prostate. Cependant, elle peut accélérer un cancer existant (cancer hormono-dépendant). C’est pourquoi une testostérone élevée nécessite une surveillance prostatique (PSA, toucher rectal).
Les stéroïdes causent-ils vraiment l’infertilité ?
Oui, temporairement dans la majorité des cas, parfois de façon permanente. Les stéroïdes anabolisants suppriment la production de spermatozoïdes (azoospermie). La récupération prend 6-24 mois après l’arrêt, mais n’est pas toujours complète. Dans de rares cas, l’infertilité peut être permanente.
Peut-on mourir d’une testostérone trop élevée ?
Oui, indirectement. Les complications cardiovasculaires (infarctus, AVC, thrombose) causées par des taux très élevés (notamment stéroïdes) peuvent être mortelles. Plusieurs études montrent une surmortalité chez les utilisateurs de stéroïdes anabolisants, notamment par accidents cardiovasculaires chez de jeunes adultes.
Comment réduire naturellement un taux de testostérone élevé ?
Si la cause est naturelle (non pathologique) :
- Perte de poids (paradoxalement, peut normaliser si surpoids)
- Éviter les suppléments stimulant la testostérone
- Activité physique modérée (éviter surentraînement)
- Gestion du stress
Mais : Si > 40 nmol/L, une investigation médicale est prioritaire pour exclure une pathologie.
Combien de temps pour normaliser la testostérone après arrêt des stéroïdes ?
Variable selon :
- Durée d’utilisation (quelques semaines vs plusieurs années)
- Doses utilisées
- Molécules (certaines suppriment plus longtemps)
- Thérapie post-cycle (PCT) ou non
En moyenne :
- 3-6 mois avec PCT appropriée
- 6-12 mois sans PCT
- Parfois > 12 mois si utilisation prolongée (plusieurs années)
- Rarement permanent (< 5% des cas)
La testostérone élevée augmente-t-elle la masse musculaire ?
Oui, de façon dose-dépendante. La testostérone supra-physiologique (> 35 nmol/L, souvent via stéroïdes) augmente significativement la synthèse protéique et la masse musculaire. C’est pourquoi les stéroïdes sont utilisés en dopage. Mais : les risques pour la santé (cardiovasculaires, hépatiques, psychiatriques, infertilité) dépassent largement les bénéfices esthétiques temporaires.
Peut-on prendre des stéroïdes sans danger avec un suivi médical ?
Non, il n’existe pas d’utilisation “sûre” de stéroïdes anabolisants à doses supra-physiologiques pour le dopage. Même avec surveillance, les risques cardiovasculaires, hépatiques et psychiatriques persistent. La seule utilisation sûre est la TRT médicale à doses physiologiques (maintien à 15-30 nmol/L) pour traiter un hypogonadisme avéré.
Faut-il consulter si testostérone à 40 nmol/L ?
Oui, absolument. Une testostérone > 35-40 nmol/L sans prise de stéroïdes nécessite une investigation pour exclure :
- Tumeur testiculaire ou surrénalienne
- Hyperplasie congénitale des surrénales
- Autre pathologie
Même si vous vous sentez bien, un bilan hormonal complet et une imagerie (échographie testiculaire, scanner surrénalien) sont recommandés.
Conclusion
Un taux de testostérone élevé chez l’homme est moins fréquent qu’une testostérone basse, mais nécessite une attention médicale tout aussi importante.
Points clés à retenir :
-
Seuil d’alerte : Testostérone > 35-40 nmol/L sans prise de stéroïdes nécessite une investigation
-
Cause principale : Utilisation de stéroïdes anabolisants (dopage sportif, amélioration physique)
-
Causes pathologiques : Tumeurs (testiculaire, surrénalienne), hyperplasie congénitale des surrénales
-
Symptômes : Acné sévère, pilosité excessive, calvitie, agressivité, gynécomastie, atrophie testiculaire (si stéroïdes)
-
Risques majeurs :
- Cardiovasculaires (infarctus, AVC, thrombose) - risque mortel
- Infertilité (temporaire ou permanente)
- Hépatiques (toxicité, tumeurs)
- Psychiatriques (agressivité, dépression à l’arrêt)
-
Diagnostic : Bilan hormonal (testostérone + LH + FSH), bilan de retentissement, imagerie si nécessaire
-
Traitement :
- Arrêt des stéroïdes + thérapie post-cycle
- Chirurgie si tumeur
- Corticoïdes si hyperplasie surrénalienne
- Suivi médical étroit
-
Prévention : Éviter les stéroïdes anabolisants, respecter les dosages en TRT médicale, surveillance régulière
Message essentiel : La testostérone élevée n’est PAS un objectif à atteindre. Les taux physiologiques normaux (15-30 nmol/L) sont optimaux pour la santé. Chercher à dépasser ces valeurs via les stéroïdes expose à des risques graves pour la santé, notamment cardiovasculaires et reproductifs.
Si vous avez une testostérone élevée sans explication, consultez rapidement pour exclure une pathologie grave (tumeur). Si vous utilisez des stéroïdes, arrêtez avec un accompagnement médical pour minimiser les complications.
Sources scientifiques :
- Rahnema CD, et al. (2014). “Anabolic steroid-induced hypogonadism: diagnosis and treatment.” Fertility and Sterility
- Pope HG, et al. (2014). “Adverse health consequences of performance-enhancing drugs.” Lancet
- Börjesson A, et al. (2020). “Anabolic androgenic steroids and cardiovascular risk.” Heart
- Corona G, et al. (2017). “Testosterone and the cardiovascular system.” European Urology
- Nieschlag E, et al. (2013). “Androgen excess in women.” Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism
- Société Française d’Endocrinologie - Recommandations hyperandrogénie masculine
